« Maître » et « ministre » viennent de deux noms latins opposés.
« Magister », « chef, maître », qui a évincé le classique « dominus », « maître de maison », désignait un supérieur dans tous les domaines (armée, marine, …). En français, le nom « maître » (milieu XIIe s.) « se réfère à celui qui a autorité sur d’autres dans quelque domaine que ce soit » (« Dict. hist. de la langue française »), comme « magister ». Remarquons en passant que le « pédagogue » était autrefois au service du maître. Ce mot signifiait à l’origine en grec « esclave chargé de conduire les enfants à l’école ».
« Ministre » est emprunté (v. 1120) au latin « minister », « formé d’après “magister” auquel il s’oppose, comme “serviteur” s’oppose à “maître” » (« Dict. hist. de la langue française »). « Minister » désigne un serviteur, un domestique (la racine « mini » désigne la petitesse). Mais dès le XVIe s., le ministre monte en grade dans le domaine politique, désignant le conseiller du roi, puis un membre important du pouvoir exécutif (1611). La hiérarchie s’inverse donc.
Aujourd’hui, à l’école, c’est le ministre qui donne ses instructions aux maîtres. La « tenue » du maître d’école a évolué dans le temps, portant ou non le chapeau sur son « i » (accent circonflexe supprimé dans les Rectifications orthographiques de 1990) selon les programmes et les ministres…