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Placebo : comme il vous plaira

Histoire des mots | 06 décembre 2019 | par Jean-Christophe Pellat

On sait que la plupart des mots français viennent du latin. Mais, à côté de ceux qui ont suivi l’évolution phonétique du latin au français, un certain nombre de mots latins ont été empruntés tels quels en français, sans modification de forme : « agenda, album, lavabo, minus habens, quiproquo », ... (lire Henriette Walter, « Minus, lapsus et mordicus », R. Laffont, 2014). Arrêtons-nous aujourd’hui sur l’un d’entre eux.

« Placebo » : « substance neutre dépourvue d'activité pharmacologique, utilisée dans un contexte thérapeutique » (Petit Robert). « Le placebo ne relève pas du charlatanisme ; il permet au médecin de rassurer son malade et, éventuellement, de diminuer les doses d'un médicament habituel sans que l'effet en soit atténué » (« Psychologie », 1969). Le nom récent « placebo » (1954) est la 1re personne du singulier du futur du verbe latin « placere », « je plairai ». Il a été en fait emprunté à l’anglais, qui l’utilise comme terme médical depuis 1785. On hésite encore sur son orthographe : « placebo » ou « placébo » (1990) ; pluriel avec ou sans -s.

La connotation de ce terme est négative : on s’en sert pour critiquer des médicaments, comme le montre le débat actuel sur l’homéopathie. De fait, le placébo agit sur le psychisme du patient grâce à la production d’endorphines et peut provoquer des guérisons inattendues. Son contraire, moins connu, le « nocebo » (« je nuirai »), a un effet négatif, comme quand on craint les effets secondaires d’un médicament allopathique.

D’autres mots du même type seront étudiés à la loupe dans de prochains posts…