Apparemment, « par contre » et « en revanche » expriment la même idée d’opposition :
« Si le jardin se trouvait à l'ombre, la maison, par contre, était en plein soleil » (G. de Maupassant).
« Et quant au peintre, si sa prétention est déplaisante quand il cherche à étonner, en revanche c’est une des plus belles intelligences que j’aie connues. » (M. Proust).
Ces deux locutions adverbiales semblent faire double emploi.
« Par contre », formé d’une préposition et d’un adverbe, attesté dès le XVIe siècle, « est entré dans l’usage général, même le plus exigeant, au cours du XIXe siècle, malgré la résistance des puristes » (« Le Bon usage », § 965, e 4°) suivant Voltaire et Littré et il est très employé, y compris par les écrivains. Le rejeter dans le « langage commercial » est artificiel.
Car leur sens n’est pas exactement le même : « en revanche » véhicule une idée d’échange, de rétablissement d’équilibre, « en retour, en compensation, en contrepartie » ; « par contre » marque plus nettement l'opposition, notamment à un énoncé antérieur. L’orientation argumentative de ces locutions n’est pas la même : « par contre » « introduit un avantage ou un inconvénient, alors que « en compensation » et « en revanche » n'introduisent qu'un avantage. Si on peut les employer dans la phrase « S'il n'a pas de cœur, par contre il est intelligent », il est impossible de les substituer à « par contre » dans celle-ci : « S'il est intelligent, par contre il n'a pas de cœur » (Le Grand Robert).